Ville de Beaune

Beaune, la contrebande et Mandrin

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Les registres de délibérations de la Ville de Beaune conservés aux Archives municipales permettent de suivre les événements locaux et nationaux par le récit qui en est fait. C’est ainsi qu’on trouve trace, dans le registre de 1754 de la visite de Mandrin et sa troupe.
La délibération du 18 décembre 1754 évoque pour la première fois les contrebandiers : « les contrebandiers ne sont qu’à quatre lieues de Dole ». Immédiatement Beaune est en état d’alerte car la réputation de Mandrin fait craindre le pire.

Louis Mandrin, né le 11 février 1725 dans le Dauphiné, est fils de commerçants de la région de Grenoble. Ayant perdu son père jeune, il se retrouve à la tête d’un commerce qui périclite assez rapidement. Mandrin est alors aux prises avec le fisc et les Fermiers Généraux. Peu à peu marginalisé, il lève une véritable petite armée de contrebandiers et commence à parcourir le pays et à rançonner les villes qu’il traverse. Les Mandrins (c’est ainsi que la troupe s’était surnommée) arrivent en vue de Beaune. Le Maire, Gillet de Grandmont, renforce la garde aux portes de la ville. Peine perdue.
La troupe force la garde, fait son entrée dans la ville et les registres sont muets jusqu’au 30 décembre.

Que s’est-il passé entre-temps ? Les archives de deux Beaunois du XVIIIe siècle nous renseignent à ce sujet et compensent le silence des délibérations. Les Archives Municipales conservent en effet les cahiers de Henry Clémencet, tailleur de pierres et une copie de ceux de Pierre Parizot, seigneur de la Cour Boissia.
Le passage de la troupe de Mandrin a fortement marqué les esprits et les deux hommes font le récit de ce qu’ils ont vu : Clémencet voit apparaître le 18 décembre « le fameux Louis Mandrin […] avec sa bande composée d’environ soixante hommes, mal couverts mais bien armés. »
Le tocsin sonne à l’arrivée de la troupe et la garde de la ville ne résiste pas longtemps : les contrebandiers tuent trois personnes et en blessent plusieurs autres. Mandrin se rend alors chez le Maire qui, d’après Pierre Parizot, est resté caché une demi-heure et le bandit exige une somme versée par le receveur du grenier à sel, Thiroux de Saint-Félix. Satisfaite, la troupe quitte Beaune et continue son périple vers La Rochepot.
La vie municipale reprend le 30 décembre. A cette date, Beaune, qui craint un retour des contrebandiers, est sous la protection d’un détachement de canonniers du régiment royal d’artillerie. Le gros des troupes royales est alors à la poursuite de Mandrin.

Le passage des contrebandiers n’est pas sans conséquences sur la ville : l’entretien des troupes royales coûte cher et la municipalité prend des mesures de rétorsion contre les mendiants et vagabonds que l’on soupçonne avoir des sympathies avec Mandrin. Le 6 février 1755 : les échevins font « très expresse inhibitions et deffenses à touttes personnes de la ville et des faubourgs de retirer ny loger aucun mendiants ny vagabonds ou gens suspects ». Une amende de 50 livres est prévue pour les contrevenants. Les récidivistes sont quant à eux « chassés de la ville et banlieue ».
Malgré quelques rumeurs, la troupe de Mandrin ne reviendra jamais à Beaune. Trahi et capturé, Mandrin subit le supplice de la roue et meurt le 26 mai 1855.

Crédit photo : Archives municipales de Beaune

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