Ville de Beaune

Collections et muséographie

Le musée des Beaux-arts proposera une nouvelle présentation muséographique en 2016. Rendez-vous le 1er juin prochain !

LES COLLECTIONS

La Bourgogne et ses peintres

Cette première salle permet de mettre en lumière le travail de peintres originaires de Bourgogne qui se sont illustrés tout au long du XIXe siècle.

Parmi ces artistes, nous retrouvons Félix Ziem, né à Beaune ; il est le peintre voyageur par excellence, à la perpétuelle recherche de l’intensité des couleurs et de la lumière méditerranéennes, de Marseille à Constantinople et Venise, son port d’attache sentimental. Il reçoit de nombreux honneurs au cours de sa longue carrière.

Autre peintre ayant cherché la reconnaissance hors de sa Bourgogne natale : Hippolyte Michaud qui voit deux de ses œuvres, ici exposées, présentées au Salon et achetées par l’Etat : Le corps meurt, l’esprit reste et La Mansarde. L’artiste développe son goût pour les jeux de lumière accentuant l’intensité dramatique de ses compositions.

Le XIXe siècle, siècle de l’avènement du genre du paysage dans la peinture, permet à plusieurs artistes bourguignons de représenter leur région à une époque où l’on redécouvre les paysages de province ; c’est le cas de Charles Maldant, Félix-Jules Naigeon, ou encore Jean-Jean Cornu, peintre très apprécié par Gustave Courbet.

Charles Ronot, peintre qui réalise de nombreux paysages bourguignons et des portraits de personnalités bourguignonnes, devient directeur de l’Ecole des Beaux-arts à Dijon en 1880.

Le musée conserve également d’intéressants témoignages du courant pictural réaliste apparu au milieu du XIXe siècle, dans le prolongement de l’art de Courbet : ce sont par exemple La grand-mère d’Edouard-Jérôme Paupion ou Les mendiants d’Ernest-Lucien Bonnotte. Ces peintres réalistes sont préoccupés par la restitution du monde réel et par la reproduction exacte de la nature.

Edouard-Jérôme PAUPION
Grand-mère
Crédits photos : Atelier Photo Muzard Beaune

L’histoire de Beaune et du pays beaunois dans les collections du musée

Les premiers témoignages d’activités humaines dans le pays beaunois datent du Néolithique Moyen, aux Ve et IVe millénaires avant notre ère. Des objets archéologiques sont ainsi mis au jour en 1973-74 au lieu-dit la Molle-Pierre.

Un foyer de peuplement éduen occupe ensuite les lieux, donnant le nom d’un de ses dieux, Belenos, dieu solaire et guérisseur, à la ville. C’est au moment de l’effritement de l’Empire romain, qu’est édifié le castrum beaunois, enceinte fortifiée destinée à protéger la ville des invasions. Des fouilles archéologiques menées en 1987-88 ont permis de découvrir des objets remarquables provenant d’une nécropole burgonde (VIe - VIIe siècles).

Centre commercial actif et comptant parmi les principales villes du duché de Bourgogne, Beaune en est la capitale judicaire puisqu’elle accueille le Parlement de Bourgogne jusqu’en 1477. En 1203, la ville acquiert ses premières libertés communales, grâce à une charte de franchise accordée par le duc Eudes III. Le beffroi, devenu bâtiment communal au début du XVe siècle, est l’incarnation du pouvoir octroyé à la cité.

Du Moyen Age à l’Ancien Régime et jusqu’au XIXe siècle parfois, les ordres religieux sont, comme dans tout l’Occident, une composante essentielle de la société beaunoise. C’est ainsi que Beaune voit s’installer deux ordres mendiants, les Cordeliers en 1241 puis les Jacobins à partir de 1476, mais également les Templiers dont l’église passe ensuite dans le giron de l’ordre de Saint-Jean.

Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, le chapitre de l’église Saint-Baudèle puis de la collégiale Notre-Dame occupe une place centrale dans la vie religieuse, culturelle et sociale de Beaune, aux côtés d’une autre institution incontournable, l’Hôtel-Dieu. Cet établissement hospitalier, à l’architecture flamboyante exceptionnelle et créé en 1443, est l’œuvre de Nicolas Rolin, chancelier des ducs de Bourgogne, et de son épouse Guigone de Salins.

Au XVIIe siècle, l’agglomération beaunoise accueille de nombreux ordres conventuels, parmi lesquels les Oratoriens, les Carmélites les Ursulines, les Visitandines ou encore les Jacobines. Durant la période révolutionnaire, la laïcisation de la société entraine la confiscation des biens ecclésiastiques et la destruction de trois églises : Saint-Pierre, d’où provient le panneau en bois représentant Saint Amboise, de la Madeleine et Saint-Martin.

Beaune est le lieu de naissance de nombreuses personnalités : Gaspard Monge, mathématicien et homme d’Etat, Etienne-Jules Marey, inventeur de la chronophotographie, et Félix Ziem sont les plus célèbres. Citons aussi Michel Tourlière, Alfred de Vergnette de Lamotte, Marie Favart...

Histoire des collections du musée

Le musée des Beaux-arts présente, comme tous les musées de France, plusieurs modes d’entrée des objets dans les collections : acquisitions, dons, legs et dépôts. Son inventaire s’ouvre en 1811 avec la commande par la ville du portrait de Gaspard Monge à l’artiste Jean Naigeon. Associée à d’autres achats et dons suscités par Jules Pautet, conservateur de la bibliothèque municipale, elle préfigure l’ouverture du musée dans l’hôtel de Ville en 1853.

Les acquisitions se font à l’initiative de la commission des Sciences et des Arts puis, dès 1890, à celle de la commission des musées. Après 1935, il semble que les acquisitions se fassent sur simple proposition du conservateur, validée par le Maire. Outre ces achats, des dons et de très nombreux dépôts d’objets archéologiques faits par la Société d’Histoire et d’Archéologie de Beaune (SHAB) ont lieu de 1850 à 1944. Les collections publiques sont par ailleurs protégées par un statut d’inaliénabilité en vertu de leur appartenance au domaine public.

L’histoire des musées de Beaune est exemplaire en ce qu’elle associe des personnalités extérieures d’envergure nationale. C’est le cas de Georges-Henri Rivière, créateur en 1937 du musée de l’Homme à Paris, puis directeur/conservateur du musée national des arts et traditions populaires, et qui fut à l’initiative de la création du musée du Vin à Beaune. En 1950, convaincu de l’importance pour un musée des Beaux-arts de continuer à présenter des œuvres d’artistes contemporains, il décide, en tant que président des Amis des musées de Beaune, de créer une section d’estampes d’artistes reconnus sur un plan international. Des œuvres de Fernand Léger, Pablo Picasso, André Masson, Le Corbusier et Marc Chagall rentrent dans les collections. Citons aussi le legs exceptionnel de Paul Chanson en 1976, des allégories des quatre éléments de Brueghel de Velours.

BRUEGHEL DE VELOURS
Allégorie de la terre
Crédits photos : Atelier Photo Muzard Beaune

Les œuvres peuvent également être acquises par vente aux enchères. C’est le cas du tableau Les prémices d’Edouard Darviot, que l’association des Amis de Marey et des musées de Beaune a ensuite donné au musée.

Les artistes eux-mêmes offrent certaines de leurs œuvres, comme Hippolyte Michaud avec son Autoportrait peint en 1847, ou Félix Ziem en 1883, avec Lagune dans la méditerranée, ou plus récemment Alexandra Allard (104 œuvres), Jean Luce (34 peintures et dessins) et German Becerra (une peinture).

Enfin, l’Etat a développé dès la première moitié du XIXe siècle une politique de dépôts en faveur des futurs musées de province. C’est ainsi qu’un certain nombre d’œuvres, dont certaines exceptionnelles, sont déposées à Beaune entre 1827 et 1949. A la suite de la loi de 2002 portant sur les musées de France, les dépôts antérieurs à 1910 font désormais partie intégrante des collections de la ville.

Des Dieux et des Hommes *

Les collections du musée présentent de nombreux témoignages des relations profondes entre les religions et l’art, des croyances antiques aux religions monothéistes, en passant par des religions-philosophies comme le bouddhisme ou encore le taoïsme.

Dans l’Antiquité, les religions sont essentiellement polythéistes. Dans l’Egypte ancienne les divinités peuvent apparaître sous des formes anthropomorphes ou zoomorphes, voire sous un mélange des deux, comme le montrent les statuettes en bronze exposées d’Osiris, de Bastet, la déesse chatte ou encore de Sekhmet, la déesse à tête de lionne.

Dans chaque civilisation, les actions des dieux sont relatées dans des mythes qui cherchent à répondre aux grandes questions de l’origine du monde et de l’humanité ou encore à l’ignorance face aux phénomènes naturels. Les fabuleuses histoires des dieux et héros de la mythologie grecque peuvent notamment se lire sur les céramiques antiques à figures noires ou rouges.

Malgré leur romanisation, les Gaulois continuent à honorer certaines de leurs divinités ancestrales. De nombreux ex-votos de guérison, comme la tête et la jambe présentées ici, ont été découvertes au milieu XIXe siècle lors de fouilles à Sainte-Sabine (Côte-d’Or).

Dépassant l’interdiction de représenter la figure divine et la Création, énoncée dans la Torah et reprise par l’Islam ; le Shâhnâmeh, grande épopée nationale iranienne, a fait l’objet de centaines de copies peintes. Ce texte a par ailleurs inspiré le décor de nombreuses céramiques, telle l’exceptionnelle plaque islamique offerte au musée par Félix Ziem.

Le christianisme, au contraire, fait de l’image un support de la ferveur des fidèles. Au XVe siècle, se développe une iconographie autour de la Passion et de la mort du Christ qui connaît une belle postérité artistique. C’est le cas du thème de Ecce Homo dont le musée conserve une version du XIXe siècle peinte par l’artiste beaunois Hippolyte Michaud.

* Le titre renvoie au film éponyme de Xavier Beauvois.

Les arts en Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles

Grâce aux collections variées du musée, de nombreux courants et écoles artistiques peuvent faire l’objet d’une mise en lumière pertinente. C’est le cas de la peinture italienne des XVIIe et XVIIIe siècles. L’influence de deux grands courants artistiques, l’école caravagesque et le Baroque avec ses exubérances, est ainsi manifeste dans l’œuvre La bénédiction de Jacob.

Les arts français du siècle des Lumières sont particulièrement bien représentés, avec des artistes de premier plan comme Jean-François de Troy, Pierre-Paul Prud’hon ou Jean Raoux. L’engouement pour les scènes de genre et sujets pastoraux, porté à son apogée par Antoine Watteau, s’exprime dans Le concert champêtre, peint à la manière de Nicolas Lancret.

L’art des portraits royaux et princiers trouve un beau témoignage avec le portrait de la mère du futur roi Louis XV, Marie-Adélaïde, qui appartient à cet art français élégant, galant et léger du siècle de Louis XV.

Les artistes bourguignons ne sont pas en reste : Prud’hon, précurseur du Romantisme, Claude Ramey, Jean Naigeon, tous trois placés sous la protection artistique du baron de Joursanvault. Anatole Devosge, artiste dijonnais et fils de François Devosge, et Guillaume Boichot, artiste chalonnais, sont également présents dans les collections.


Claude RAMEY
Buste du Baron de Joursanvault
Crédits photos : J.-C. Couval

A l’aube du XIXe siècle, l’évolution vers l’art néo-classique est sensible dans le portrait de Mme Grassini attribué à Marie-Guilhelmine Benoist.

Les écoles flamandes et hollandaises sont richement représentées au musée. Cette présence, qui est avérée dès 1858 avec la copie de Rubens Les trois nymphes avec une corne d’abondance, est justifiée par l’histoire de la Bourgogne et de celle des Flandres qui furent unies au temps des ducs Valois de Bourgogne.

Côté école flamande, les quatre panneaux sur la vie du Christ datés de la fin du XVIe siècle témoignent d’un archaïsme certain. Lucrèce se donnant la mort, peinte au début du XVIe siècle, renvoie aux nus féminins de Michel-Ange. Sébastien Vranckx (atelier), Jérôme Francken II et Brueghel de Velours (atelier), nés dans la seconde moitié du XVIe siècle et morts dans la première moitié du XVIIe siècle, confirment cet esprit flamand, à la fois curieux et érudit. En témoigne la minutie des détails des allégories des quatre éléments de Brueghel. Chacun de ces peintres maîtrise parfaitement la perspective, héritée de la Renaissance italienne.

Côté école hollandaise, ce sont essentiellement des natures mortes et des paysages - urbain ou marin - datant du XVIIe siècle qui constituent le fonds de la collection. Pour exemple : Scène de guerre de Droochsloot et Paysage animé de Dirk Dalens II.

L’art du paysage dans la peinture européenne du XVIIe au XIXe siècle

Au cours du XVIIe siècle le paysage devient un genre pictural autonome ; il est traité pour lui-même et perd peu à peu sa fonction de simple décor pour des sujets mythologiques, bibliques ou historiques. Cet épanouissement du paysage a lieu tant en Italie, qu’en Hollande. L’œuvre Bord de mer et marché aux poissons en est un très bon exemple.

Dirk Dalens II avec son paysage italianisant fait écho à l’art des Français Nicolas Poussin et Claude Gellée dit Le Lorrain, deux grands interprètes de la nature romaine. Il ajoute toutefois des motifs pittoresques chers aux peintres hollandais.

Loin de ces paysages arcadiens, l’œuvre Paysage animé présente une vision tourmentée de la nature.

Au début du XIXe siècle, les peintres néo-classiques œuvrent pour un renouveau du paysage. Souhaitant peindre sur le motif, ils réalisent l’incontournable voyage en Italie, le fameux « Grand Tour ». Dans la hiérarchie des genres, le paysage accède à une importance équivalente à celle du portrait et de la peinture d’histoire.

Précurseur dans l’étude du paysage néo-classique, J.-Joseph-Xavier Bidault peint aussi des scènes pittoresques, comme le Paysage à l’antique donné par Paul Marmottan au musée.

Le plaisir à peindre en plein-air pour mieux capter les infimes changements lumineux est l’apanage des peintres de l’école de Barbizon puis des impressionnistes. Félix Ziem, proche de ces deux courants picturaux, se distingue par la faculté à concilier des styles différents : ainsi il peint Les lavandières, à la touche fragmentée, et Le golfe d’Antibes, curieux mariage d’aplats de couleurs vives.

Orientalisme, Académisme et Romantisme au XIXe siècle

L’Orientalisme se confond en partie avec l’histoire politique et culturelle occidentale du XIXe siècle, et notamment avec celle de la France et de l’Angleterre. En peinture, si un certain réalisme prédomine dans la thématique, les styles impliqués sont trop disparates pour que l’on puisse parler d’école orientaliste.

Le point commun chez tous ces artistes est une attirance pour l’Orient, principalement les pays du Levant, puis le Maghreb, l’Egypte, et la Syrie, dans lesquels ils viennent puiser une nouvelle inspiration.

C’est en Algérie que voyagent ensemble en 1883 les Beaunois Edouard Darviot et Félix-Jules Naigeon.

Félix-Jules NAIGEON
Oued Kantara au village rouge (Algérie)
Crédits photos : Atelier Photo Muzard Beaune

Certaines scènes de genre sont davantage exploitées que d’autres comme l’atteste La caravane dans le désert, peinte vers 1860 par Félix Ziem, qui donne prétexte à une étude sur la lumière et sur le mouvement. D’autres pratiquent un Orient imaginaire comme Jules Richomme qui reconstitue avec beaucoup de conviction une rencontre entre Abraham, Sarah et Agar.

Hippolyte Michaud est, avec son contemporain Félix Ziem, l’un des rares peintres beaunois qui ait su dépasser le simple cadre d’une notoriété locale.

Son vocabulaire pictural est établi dès les années 1850. Son langage plastique s’inscrit dans le courant académique du XIXe siècle, fondé sur une peinture privilégiant l’étude du nu, le dessin et le travail en atelier à partir de modèles. Néanmoins, il y a une véritable empathie entre l’artiste et ses sujets, et c’est en cela qu’il est profondément romantique. Sa peinture allégorique a une profonde résonnance intellectuelle et humaniste, mais également philosophique.

La sculpture en bronze d’Ondine d’Auguste Préault incarne parfaitement le Romantisme, tant dans le choix du sujet - une nymphe apparaissant dans la littérature et les compositions musicales de l’époque - que dans le choix plastique résolument anticlassique.

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