Ville de Beaune

Habitat beaunois : esquisse historique


Le paysage urbain beaunois est profondément marqué par l’existence de deux enceintes ; celle du castrum édifiée au Haut-Empire et celle des remparts dont la construction débute au XIIIe siècle.

Le tracé du castrum est très visible aujourd’hui encore rue Maizières et rue Paradis car des maisons s’appuient tant sur l’intérieur que sur l’extérieur de la muraille primitive. Au sein du castrum, les deux pouvoirs dominants de la cité au Moyen Age monopolisent la quasi-totalité de l’espace. Le pouvoir ecclésiastique s’affirme dans la partie haute avec la vaste collégiale Notre-Dame et ses maisons canoniales. Le pouvoir ducal s’épanouit particulièrement avec les ducs de Valois aux XIVe et XVe siècles. L’Hôtel de Monseigneur le Duc est en fait occupé par les châtelains et les officiers qui gèrent en particulier les domaines viticoles du duc. Il n’y a pas à Beaune de cour ducale même si la cité est capitale judiciaire du duché. La moitié sud-est du castrum est occupée par le Parlement où sont jugées en appel les causes judiciaires du duché.

Louis XI met brutalement fin à la vocation parlementaire de la cité en transférant le Parlement à Dijon. Beaune demeure cependant le siège d’un bailliage et des familles de juristes et d’hommes de loi s’établissent aux XVIe et XVIIe siècles rue Maufoux dans des hôtels remarquables par leurs cours intérieures (Hôtels Thiroux de Saint-Félix, Brunet, Delamarre, ...).

Les habitants de Beaune reçoivent leur charte de commune en 1203. La bourgeoisie marchande qui dirige la cité fait édifier au XVIe siècle à proximité de l’hôtel de ville de luxueuses demeures avec échoppes au rez-de-chaussée. Peu d’espace est disponible pour la construction au sein de la cité en raison de la présence de très nombreux couvents, églises, de l’Hôtel-Dieu et de l’Hospice de la Charité.
Cela explique la généralisation du parcellaire à lanière étroite et profonde. Les façades se succèdent serrées les unes contre les autres. Ceci est particulièrement visible dans l’axe majeur de la cité, la grande Rue aujourd’hui rue de Lorraine. Ce parcellaire induit un certain mode de construction : une façade en pierre sur la rue principale, un couloir étroit qui donne accès à une ou deux cours où le bois et la pierre ornent d’audacieuses galeries. Ces cours permettent l’accès à une ruelle parallèle à la rue principale. Tous les aspects fonctionnels du bâtiment sont rejetés vers l’arrière.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la noblesse fait construire ses hôtels particuliers sur l’autre grand axe de circulation de la cité. La rue Saint-Martin (aujourd’hui Marey) et plus encore la rue des Tonneliers offrent un parcellaire plus large ; par conséquent les hôtels sont mieux individualisés. Faute d’espace et d’importantes fortunes, l’hôtel classique, un corps de logis s’épanouissant entre cour et jardin, est peu représenté dans l’enceinte urbaine. Quelques exemples remarquables sont situés à la périphérie des remparts : L’Hôtel Bizouard de Montille devenu sous-préfecture, l’Hôtel Moyne-Blandin édifié sur le bastion Bretonnière démantelé, l’Hôtel Parigot de Santenay.

Le XIXe siècle est marqué par le développement des fortunes des négociants. Ceux-ci, quand ils ne s’installent pas dans les couvents vendus comme Biens Nationaux, font construire sur le pourtour des fossés des demeures ostentatoires dans le goût bien en vogue des pastiches.

Il est manifeste que la cité a vécu repliée à l’intérieur de ses remparts jusqu’au milieu du XXe siècle. Seuls des faubourgs d’ouvriers vignerons ou tanneurs se sont développés hors des murs.

Crédit photo : Archives municipales de Beaune

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