Ville de Beaune

Conscription et déserteurs à l’époque révolutionnaire : les fers et le bagne

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Sous l’Ancien Régime, l’armée est composée de professionnels. Cependant, à la suite des guerres de Louis XIV, le royaume manque de troupes : à partir de 1688, le roi oblige ses sujets à fournir des milices provinciales pour compléter l’armée régulière ce qui est fort mal perçu par la population. En 1792, la France révolutionnaire est en guerre contre l’Europe : l’Assemblée proclame la Patrie en danger et lance un appel aux volontaires (les fameux « Volontaires de l’An II »). Leur nombre restant insuffisant, la Convention procède à une levée en masse de 300 000 hommes par décret du 25 août 1793 là encore très mal acceptée. Par la loi Jourdan du 19 fructidor an VI, le Directoire instaure la conscription officiellement pour les hommes : « tout Français est soldat et se doit à la défense de la patrie ». Il y eut là encore de nombreux réfractaires et insoumis dont on trouve la trace au sein des Archives municipales de Beaune.

En effet, entre l’an IV et l’an X, 12 Beaunois enrôlés sous les drapeaux sont traduits devant le Conseil de guerre pour divers motifs, le principal étant la désertion pour 9 d’entre eux. On relève également une condamnation pour insubordination et deux pour vols. La peine requise dans ce cas est la « condamnation aux fers » pour un temps plus ou moins long. Cela signifie que les condamnés auront au pied un boulet attaché par une chaine et devront effectuer des travaux forcés au profit de l’Etat. Les déserteurs beaunois dont nous conservons la trace de la condamnation sont tous punis de cinq ans de fers, le plus souvent par contumace, puisqu’ayant fui, ils sont introuvables et n’ont donc pas été arrêtés. La condamnation est accompagnée du signalement du condamné qui donne quelques indication sur sa personne : « Edme Antoine Molinet, sergent major de la 65e demi-brigade, né à Beaune, département de la Côte d’Or, âgé de 31 ans, taille d’un mètre 652 »

Quant à Philibert Moran dit Tisserand, caporal au 1er Bataillon de la 33e demi-brigade, âgé de 34 ans, il subit une destitution et 6 mois de prison pour « insubordination. »

Enfin, c’est pour vol que Bastien Georget, volontaire de la 1re compagnie du 2e Bataillon de la 9e demi-brigade d’infanterie, âgé de 19 ans, est condamné en l’an IV à « six années aux fers et à paraître pendant trois jours consécutifs à la parade avec un écriteau portant le mot voleur et à être dégradé le 3e jour. » L’un de ses complices, Pierre Babin, originaire des Andelys est condamné à la peine de mort pour « vol avec effraction. »

Au-delà des délits de vols que l’on retrouve à toutes époques, les cas de désertion montrent que la conscription est parfois difficilement acceptée par de hommes qui n’ont pas été formés pour être militaires et qui se retrouvent enrôlés sans l’avoir voulu. Ces cas perdurent évidemment après la Révolution et les archives conservent bien d’autres dossiers, mais c’est une autre histoire.

Sources : Archives municipales de Beaune, H 2 § 2 n°1, condamnés militaires.

Crédit photo : Archives municipales de Beaune

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