Ville de Beaune

L’œil était dans la tombe : Rapports du concierge du cimetière de Beaune (1872-1880)

L’arrêté de 1872 du Maire de Beaune, Paul Bouchard, rendant compte du règlement de la Police du cimetière de la ville de Beaune, nous apprend le rôle des gardiens. En effet, une personne employée par la ville, et résidant sur place, est chargée de surveiller l’entrée du cimetière ainsi que le comportement des visiteurs, d’entretenir les chemins et sentiers, et de tenir un registre d’inscription des inhumations.

Nous pouvons trouver trace de l’activité et du mode de vie de ces gardiens dans les archives. Intéressons nous plus particulièrement aux activités de M. Schram, devenu « concierge du cimetière », comme il se désigne lui-même, à partir de la fin 1872 (une lettre écrite par M. Philibert, prédécesseur de M. Schram le 21 octobre 1872 à M. le Maire de Beaune, nous informe du changement prochain de gardien).

Comme nous venons de le voir, le gardien avait, avant tout, un rôle de surveillance. M. Schram établissait alors des rapports à l’intention de M. Le Maire quand un fait inhabituel était à noter, ou lorsqu’il souhaitait porter réclamation.
Plusieurs incidents survenus lors de cérémonies ont été ainsi rapportés par M. Schram entre 1873 et 1880. En 1874, il écrit au Maire pour lui faire part de l’incident qui a eu lieu le 19 juillet 1874. Le cercueil du défunt, M. Bonnet, rencontra en effet quelques difficultés à trouver sa place dans la fosse : « il s’est trouvé que le cercueil dépassait la mesure donnée pour les fossoyeurs. C’est un inconvénient très désagréable pour les familles et pour les assistants et encore bien plus pour moi. Vu qu’il y a des personnes qui ne se rendent compte de rien, et qui m’ont accablé de reproches que je ne méritais pas ». M. Schram demande donc à M. Le Maire de prier les habitants de le prévenir si les cercueils dépassent les mesures données. En 1880, Schram se plaint du comportement d’un des porteurs du cercueil lors de l’inhumation de M. Gandner qui « s’est permis d’élever la voix et de me commander d’une manière brusque d’avoir à procéder comme fossoyeur à la descente du corps », comme ses fonctions ne comportent pas l’accomplissement de cette tâche, M. Schram souhaite voir M. Le Maire prendre des mesures afin que cela ne se reproduise plus. Plus étonnant, en 1873, il porte à la connaissance de M. Le Maire un fait tout à fait singulier, lors d’une cérémonie d’exhumation, M. Schram rapporta le comportement de M. le Curé et des ecclésiastiques qui l’accompagnaient. « M. Le Curé s’est dirigé du côté de la cave ou je l’ai vu entrer, et d’où je l’ai vu ressortir après un certain temps. En même temps, un autre ecclésiastique dont je ne connais pas le nom s’est détaché du même groupe et se dirigeant dans une autre partie du Cimetière, complètement à découvert, a du être vu de tous les assistants et de moi, ainsi que de M. Le Commissaire de police, satisfaisant ses nécessitées. M’étant transporté dans la cave de la maison, avec M. Le Commissaire de Police, j’ai pu constater que M. Le Curé en avait fait autant ».

D’autres rapports écrits de la main de M. Schram rendent compte des différentes tâches qu’il devait accomplir, il parle notamment du transfert des corps et des monuments funéraires de l’ancien au nouveau cimetière. M. Schram prenait vraisemblablement son travail très au sérieux, un certain aspect procédurier pourrait même transparaitre de ses divers rapports.

Source : Archives Municipales de Beaune. I1§14 Art 1, n°1 : Police des cimetières.

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