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Ville de Beaune

A l’huile ou au gaz ? L’éclairage public à Beaune au XIXe siècle.

Le 30 septembre 1847, le sous-préfet de l’arrondissement de Beaune écrit : « le présent marché passé entre le maire de Beaune et le sieur Rollin pour l’éclairage public à l’huile de schiste sur la ville de Beaune est consenti moyennant la somme de 9837,30 Francs, pendant une année ».
Pourtant, dès 1838, une pétition d’habitants beaunois était adressée à la Mairie pour que soit refusée l’utilisation de cette huile minérale, aussi bien dans l’espace public que chez les particuliers. Et ils présentent bon nombre d’arguments sur les conséquences néfastes de l’huile de schiste : intensité de la lumière extrêmement variable, lumière contrariée par les vents aussi bien impétueux que simple courant d’air, l’entretien nécessite les soins de l’allumeur trois ou quatre fois par soirée, l’odeur nauséabonde qui s’en dégage. De plus, la ville d’Autun a renoncé à son utilisation suite à plusieurs expériences non concluantes. Et les pétitionnaires de suggérer au maire et au conseil municipal, de considérer le procédé d’éclairage par le gaz d’hydrogène carburé.

La municipalité n’a que faire de ces doléances et n’y répond pas. Cependant, les archives nous éclairent sur les intensions des représentants de la ville. Des correspondances sont échangées avec différentes municipalités telles que Grenoble ou Chalon-sur-Saône, et avec des établissements et sociétés comme celle d’A. F. Selligue et Compagnie, pour l’éclairage au gaz des communes. Beaune s’informe sur ce nouveau progrès, et surtout, sur les dangers potentiels dont les conséquences dues aux explosions sont souvent graves.

En 1844, le renouvellement du contrat de marché du fournisseur témoigne de cette volonté de moderniser l’éclairage public. Ainsi, est fait mention dans les délibérations du conseil municipal, la possibilité de substituer à l’éclairage à l’huile de schiste l’éclairage au gaz, Un cahier des charges est même élaboré et précise les modalités à respecter par le futur fournisseur, dont celles-ci : « La distance entre les lanternes sera de 45 mètres (intra muros). Le gaz sera complètement épuré. Les flammes auront la forme de papillons renversés ou éventail. Elles auront 13 cm de l’extrémité d’une aile à l’extrémité de l’autre, et 7 cm de hauteur mesurés du milieu du dessus du bouton. Dans aucun cas la pression du gaz ne devra descendre en-dessous de 3 centimètres ».

Il faut attendre le 11 juillet 1857 pour qu’un marché en faveur de l’éclairage au gaz soit signé entre la Ville de Beaune et Pierre Valette, directeur d’usines à gaz, demeurant à Annonay. Il est précisé qu’il s’agit de l’éclairage par combustion du gaz hydrogène carburé. La ville concède au sieur Valette « le droit exclusif pendant trente années, à partir du 1er janvier 1857, de faire passer sous les rues, place et terrains, les tuyaux destinés à la circulation du gaz, soit pour l’éclairage public, soit pour l’éclairage particulier ».

L’ère de l’éclairage au gaz s’ouvre à Beaune dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Cependant, les lanternes des faubourgs patienteront avec l’huile de schiste jusqu’à ce que la modernité parvienne jusqu’à elles. Cette attente ne sera pas longue, car l’élévation d’une usine de gaz est prévue dès 1857, sur le terrain acquis par Pierre Valette, « Lieu dit Derrière Saint-Jean, près du cimetière ». Les cheminées de son fourneau s’élèveront jusqu’à 1,30 mètre. L’usine fonctionnera jusqu’en 1959. Démantelée en 1968, elle fera place à une agence EDF GDF. L’usine est définitivement démolie en 1989, le site sert aujourd’hui de parking.

Sources :
Archives municipales de Beaune, O I bis §12 art.1 et 2
Crédit photo : Archives municipales de Beaune

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