Ville de Beaune

Le commerce d’Eugène Myard-Giraud

Il existe dans la série I des Archives municipales de Beaune comprenant les documents de police locale, un courrier datant du 5 mars 1847, adressé au Maire de Beaune, relatif à un commerce et métier aujourd’hui disparu.

Ce courrier est une plainte dressée par les voisins incommodés par l’activité dudit commerce. Il s’agit d’un entrepôt de chiffon, d’os et d’allumettes chimiques, situé au 15 place de la halle et donnant à l’arrière rue Paradis, dont le gérant est le sieur Eugène Myard-Giraud.

Selon les pétitionnaires : « cet entrepôt nuit sensiblement à la salubrité et aux intérêts de plusieurs habitants de cette rue par suite de malpropreté des matières qui y sont enfermées et des miasmes fétides qui s’échappent constamment (surtout l’été) de ce dépôt ». Ce courrier a un précédent. Déjà en 1843, avait été envoyée une pétition relative aux odeurs, mais aussi aux chargements et déchargements continuels des chars devant le dépôt. La rue étant systématiquement bouchée puisque trop étroite.

Le 16 mars 1847, soit environ une semaine après la réception du courrier par le maire, l’agent de police Bouley-Eléonore est diligenté sur place. Un rapport est dressé. Il est arrivé vers midi et a rencontré l’épouse du chiffonnier. Ce dernier étant absent, il est guidé par Mme Myard dans l’entrepôt. « En entrant nous avons remarqué une grande quantité de chiffons, épars ça et là que deux femmes en séparaient les couleurs, (…) un homme était présent, qui occupé à en faire des ballots que nous avons remarqué en nombre d’environ dix-sept, liés prêts à en faire chargement »

Le 23 mars 1847, un autre rapport de police de l’agent Bouley est établi. Il rapporte les témoignages de plusieurs voisins de l’entrepôt. Le premier a quitté la rue Paradis en raison des désagréments engendrés par la poussière malsaine provenant des chiffons et par la gêne occasionnée par les chargements devant sa porte. Le deuxième est cabaretier dans la même rue Paradis. Il estime que ce genre de dépôt devrait se faire dans d’autres lieux. Enfin le troisième, pharmacien dont l’officine se situe en face de chez, Myard, apporte les mêmes griefs que les deux témoins précédents.

Mais Myard a porté un courrier de défense au Maire. Il explique que son commerce respecte les recommandations signifiées par la loi. Il s’appuie aussi sur l’intérêt de son activité qui est source d’emploi.

Le 24 mai 1847, un arrêté du Préfet autorise le sieur Myard-Giraud à conserver en activité son magasin de chiffons, rue Paradis. Seules deux conditions sont à respecter : la mise en ballots des chiffons avant tout chargement et le triage des chiffons obligatoirement effectué en magasin fermé et la porte extérieure devra être ouverte le moins de temps possible. Ne connaissant pas les suites de cette affaire, nous ne pouvons mesurer de manière certaine les changements dans la vie quotidienne des voisins…nous pouvons seulement noter dans les archives l’absence de nouvelles plaintes.

Sources : Archives municipales de Beaune – Série I

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