Ville de Beaune

Michel Tourlière, Rétrospective

Hommage à l’une des grandes figures beaunoises contemporaines

Cette rétrospective invite à (re)découvrir l’œuvre de Michel Tourlière (1925 - 2004).
Né à Beaune, ce dernier est l’un des principaux représentants de la tapisserie française dans la deuxième moitié du XXe siècle.

L’exposition révèle les grandes étapes de l’itinéraire artistique de Tourlière, ainsi que ses liens avec la Bourgogne viticole, à l’origine de nombreuses commandes, et ses relations avec ses amis artistes.

La présentation met également l’accent sur la carrière institutionnelle de Tourlière : à l’Ecole des Arts Décoratifs d’Aubusson, puis à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, où il joua un rôle essentiel dans le développement de la création contemporaine et des arts plastiques.

Un parcours thématique

Salle 1
Michel Tourlière : Beaune – Aubusson – Paris

Michel Tourlière est né le 15 février 1925 et mort le 22 août 2004.
Après des études au collège Monge à Beaune, sa ville natale, il fait le choix d’une formation artistique : d’abord à l’Ecole des beaux-arts de Dijon puis à Paris à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de 1942 à 1944.

Très attiré par la peinture murale, il fait la connaissance de Jean Lurçat en 1945 qui l’oriente vers l’art de la tapisserie. Cette rencontre déterminante lui permet de participer au renouveau de la tapisserie initié par Marie Cuttoli et Jean Lurçat.

Michel Tourlière, Le Vigneron

Artiste reconnu, Tourlière est d’abord très inspiré par le style baroque de Jean Lurçat. Il abandonne progressivement le figuratif pour construire un langage abstrait mais suggestif. Les paysages du vignoble bourguignon demeurent l’une de ses principales sources d’inspiration.

Grand coloriste, il privilégie des couleurs chaudes, qu’il ordonne dans des compositions rythmées par une juxtaposition de plans et par l’utilisation de la technique du piqué. Cette dernière se matérialise par la présence de rayures qui créent des effets de relief ondulants. Les dégradés de bleu sont aussi à l’honneur, essentiellement dans ses tapisseries plus tardives.

Cet œuvre, qui se décline en expressions tissées, dessinées et gravées, révèle une écriture profondément élégante et poétique, dans laquelle le réel rencontre l’imaginaire.

Salle 2
Michel Tourlière et Aubusson

Installé à Aubusson à partir de la fin des années 1940, il collabore avec les principaux ateliers de tissage, telles les maisons Legoueix, Tabard, Picaud et surtout la maison Goubely, auxquelles il confie la réalisation de la plupart de ces cartons de tapisserie (plus de 300). Participant au dynamisme retrouvé de cet artisanat à Aubusson, il peut y côtoyer de grands noms de l’art moderne – de Calder à Charles Lapicque et Maurice Estève – et supervise la réalisation d’un carton d’après une œuvre de Georges Braque.

Professeur à l’Atelier-Ecole national de tapisseries d’Aubusson puis à l’Ecole Nationale des Arts décoratifs d’Aubusson, Tourlière est nommé directeur de cette école en 1960. Œuvrant sans relâche à son développement, c’est là qu’il révèle ses capacités de pédagogue et son intérêt pour la transmission des savoirs. En 1969, sous son impulsion, l’école inaugure un nouveau bâtiment.

Tourlière est un défenseur acharné du maintien de cet artisanat d’art qu’est la tapisserie et de sa valorisation à Aubusson, militant pour la création d’un musée dans cette ville. De nos jours, juste reconnaissance, et tandis que la tapisserie d’Aubusson a été inscrite sur la Liste du Patrimoine immatériel de l’Unesco, l’auditorium de la Cité internationale de la tapisserie porte le nom de Michel Tourlière.

Michel Tourlière et la Bourgogne

Né à Beaune, Michel Tourlière demeure tout au long de sa vie très attaché à sa région natale. Cela se traduit à la fois par des amitiés fortes et solides, par une créativité artistique qui doit beaucoup aux paysages bourguignons et par la reconnaissance d’institutions bourguignonnes qui sont nombreuses à lui commander des tapisseries.

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Michel Tourlière, Vignes assemblées
Tapisserie d’Aubusson en basse lice
1967
Musée du Vin de Bourgogne,
Beaune
© J.-C. Couval

Tourlière propose une géographie tissée de la côte viticole, puisant dans le rythme graphique du parcellaire viticole. Il suggère le vignoble par la juxtaposition, l’entrecroisement et la superposition de plans colorés, faisant alterner des zones d’ombre et des zones de lumière. Un des exemples les plus aboutis est assurément Vignes assemblées, tapisserie conservée et présentée au musée du Vin de Bourgogne.

Salle 3
Michel Tourlière, peintre-cartonnier et artiste moderne

Sous l’impulsion de Michel Tourlière et d’artistes comme Wogensky, Prassinos ou Matégot, la tapisserie s’ouvre à l’art abstrait. Malgré des titres poétiques qui font référence au réel, Tourlière emploie une écriture plastique qui se rattache à l’abstraction lyrique. Il crée des compositions soigneusement structurées et organisées, animées de formes simplifiées striées et de couleurs soutenues.

Tourlière a par ailleurs une grande exigence à l’égard de son métier : possédant une parfaite connaissance technique de la tapisserie, art collectif par excellence, et ayant bénéficié des conseils du maître Lurçat, il sait que le peintre-cartonnier a un devoir de lisibilité et de précision du trait dans la réalisation de sa maquette.

La carrière de Michel Tourlière est marquée par de nombreuses et prestigieuses commandes. Ainsi, la Ville de Beaune, le château de Pommard, la Préfecture de Saône-et-Loire, le Conseil Départemental de la Côte-d’Or, le Conseil Régional de Normandie, le Musée Cantini à Marseille mais également les sociétés Air France, TF1, Jacques-Borel, Pernod-Ricard et Gabriel Boudier font partie de ses commanditaires.

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Michel Tourlière, Des oiseaux dans une vigne d’hiver
Etude préparatoire
Seconde moitié du XXe siècle
Musée du Vin de Bourgogne, Beaune
© Atelier Photo Muzard Beaune

Le Mobilier National passe aussi plusieurs fois commande, notamment d’un tapis monumental. En 1994, l’artiste est choisi pour célébrer avec une tapisserie le bicentenaire de l’Ecole Polytechnique. A l’étranger, les tapisseries de Tourlière sont tout autant appréciées et acquises, des USA à l’Afrique du Sud, des Pays-Bas à la Suisse.

Ce succès s’explique non seulement par le choix d’un langage plastique en phase avec l’esthétique des sixties et des seventies, notamment à travers la gamme chromatique chaude des rouges-orangés, mais aussi par le pouvoir d’évocation de ses œuvres. Enfin, l’art de Tourlière, fondé sur des rythmes graphiques et une sobriété formelle, parvient à contourner le piège de la « simple » décoration murale et d’ameublement, devenant une expression artistique à part entière.

Michel Tourlière, un artiste au service de la défense de son art

Michel Tourlière mène de front plusieurs carrières : artiste bien évidemment, il construit une carrière institutionnelle au cours de laquelle il s’impose comme un ardent défenseur des métiers d’art et de la création contemporaine et un promoteur des enseignements artistiques.

Son œuvre de peintre-cartonnier s’inscrit dans l’âge d’or de la tapisserie. Il appartient à ce groupe de peintres-cartonniers reconnus dans les années 1945-1975 et dont font partie Dom Robert, Prassinos, Wogensky, Picart Le Doux, Lagrange, Saint-Saëns. Il est également proche des artistes Zao Wou Ki, Maria Viera da Silva, Arpad Szenes.

Son œuvre est présentée à l’occasion de multiples expositions personnelles et collectives. Citons pour mémoire les expositions de La Demeure, celles d’Aubusson et Angers en 1992 ou celle du Paris art center à Paris en 1986.

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Michel Tourlière, Bateau d’algues
Etude préparatoire, vers 1960
Musée du Vin de Bourgogne, Beaune
© Musées de Beaune

En parallèle à cette vie vouée à la création, il devient directeur d’établissements d’enseignement supérieur à Aubusson puis à Paris (ENSAD). Il assume aussi diverses missions au sein du Ministère de la Culture et de la Communication : en 1979, il crée la délégation à la création aux métiers artistiques et aux manufactures puis est délégué aux enseignements et aux formations en 1986. A l’ENSAD, il engage une profonde refonte pédagogique.

Parmi de multiples distinctions, il reçoit le diplôme d’honneur de la Triennale de Milan en 1960 et le Grand Prix de la tapisserie en 1986 à Paris.

Tourlière s’exprime enfin avec d’autres moyens d’expression, moins célébrés que ses tapisseries : l’aquarelle, l’encre, la peinture, la gravure dont de nombreux exemples sont présentés ici. Composés d’un graphisme simple de lignes et de signes, ses dessins sont remarquables par la finesse et la précision du trait. Le répertoire bourguignon est très souvent à l’honneur : ceps de vigne, raisins, grappes.

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Dossier de presse de l’exposition
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