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Saint-Jacques

HISTOIRE SUCCINCTE DU QUARTIER SAINT JACQUES
Epoque gallo-romaine :
Un édifice abritait la stèle de l’Hermès Tricéphale, survivance en ce lieu du culte de Cernunos (visible au Musée).
Près du moulin des Chartreux se dressait un tombeau de vétéran, voisinant avec un autel au dieu Mercure .
Au sud de la Bouzaize, « en Chavet » et derrière Chavet, entre Montagny et Bligny, d’importantes installations et de riches villas sénatoriales étaient vraisemblablement installées, sans doute en lien avec la station d’Ambonne (commune de Ste Marie-la-Blanche).
Certains auteurs affirment que le quartier doit son nom à un ancien chemin ayant été suivi par les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle passant par Beaune pour rejoindre les grands chemins de pèlerinage. L’installation d’une chapelle par les Templiers sur ce chemin peut confirmer cette hypothèse. Cet ordre militaire eut effectivement pour vocation de protéger et secourir les pèlerins, à l’origine en Terre Sainte lors des croisades, puis dans toute la Chrétienté.
Trois fondations médiévales importantes : la chapelle des Templiers, l’hôpital du Saint Esprit, le monastère des Chartreux :
- La Chapelle des Templiers :
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Dans la seconde moitié du XIIe siècle , les Chevaliers du Temple s’installent dans le faubourg St Jacques. Ils ont des propriétés à Bretenay (finage de Challanges), ainsi qu’à Echarnant, Servanges et Savigny. Au XIIIe siècle, les biens des Templiers de Beaune sont très importants : le pourpris à St Jacques contient 100 journaux, il est entouré de vastes vagues dont l’ensemble évoluera pour donner le nom de faubourg Perpreuil. La Commanderie possède des terres et des vignes « derrière Cluny » et dans tout le pays beaunois, sans compter l’arrière-côte jusqu’aux confins du Morvan. En 1265, Jacques de Molay, futur grand maître de l’ordre, est initié dans cette chapelle par Ymbert de Paray.
La chapelle du fg St Jacques est orientée le chœur à l’est et présente tous les caractères de l’architecture romane. A l’origine, selon la description de Rossignol , sa façade à l’occident se composait, sous une petite fenêtre à plein-cintre, d’une simple porte large et cintrée, sa demi-circonférence, parfaite et moulée, retombant sur deux colonnettes engagées de la plus grande simplicité. (Ledit portail a été vendu dans les années 1930 et démoli pour être emmené en Amérique ). Dans la nef se trouvait une statue en pierre polychrome de Saint Jacques qui a donné son nom au quartier (actuellement au Musée des beaux-arts).
Cependant, au début du XIVe siècle, l’ordre des Templiers connaît un procès retentissant qui provoque son anéantissement et la confiscation de tous ses biens par le pouvoir royal, au profit de l’ordre des Hospitaliers. Jacques de Molay, grand maître de l’ordre, est condamné à mort et l’accusation retombe également sur ses frères templiers, dont Laurent de Beaune qui est condamné au bûcher en 1310. Jacques de Molay meurt en 1313 de la même manière . Les Hospitaliers s’installent alors dans les bâtiments de l’ordre du Temple, à St Jacques et à Bretenay.
En 1569 la chapelle reçoit des pestiférés, pour lesquels on répare un peu les bâtiments. Comme ceux-ci sont insuffisants, on demande à chaque corporation de la ville d’édifier une cellule pour ses membres. La chapelle est réparée, ainsi que le clocher. En 1642 le toit brûle, on le répare encore. La dernière vague de peste est en 1636, celle de 1628 étant la plus terrible. Le culte y cesse en 1781.
Au XIXe les biens seront morcelés entre plusieurs propriétaires et l’établissement est aujourd’hui presque méconnaissable, transformé en grange et perdu au milieu d’immeubles neufs.
- L’Hôpital du Saint-Esprit :
Dès le XIIIe selon Gandelot, ou vers 1350 selon Rossignol, un petit hôpital est édifié au pied des remparts, tout près du quartier des tanneurs, pour les pauvres passants et les malades contagieux. Il doit remplacer l’ancien hospice St Pierre qui était enserré dans les remparts, vers la poterne. Une partie de ses dépendances est rasée vers 1358 pour étendre les fortifications. En 1443 la salle d’hôpital contient un petit autel et 12 lits. Une autre petite maison abrite le gouverneur et les servantes, on y sert la soupe aux enfants pauvres. Un très petit domaine ne produit que de maigres ressources à cet hôpital. Avec l’ouverture de l’Hôtel-dieu en 1443, son activité décline, sauf en période d’épidémie. En effet, situé à l’écart de la ville, il est requis comme la chapelle des Templiers pour accueillir les contagieux.
L’Hôpital du Saint-Esprit :
L’établissement est reconstruit entre 1540 et 1546 par Antoine de Salins, chanoine et recteur de l’hôpital du St Esprit. Sa voûte est en forme de vaisseau renversé, comme à l’Hôtel-Dieu, mais ses poutres ne sont pas engoulées. Les grandes contagions de 1553, 1586, 1596 et 1636 voient affluer les pestiférés à l’hôpital du Saint Esprit. En 1627, cependant, il est réuni à l’Hôtel-Dieu et perd bientôt sa fonction hospitalière. Les bâtiments servent alors de logement aux troupes de passage, la plupart des constructions annexes disparaissent.
Les fouilles menées lors de l’aménagement du parking des Tanneurs ont révélé la présence d’un cimetière et plusieurs squelettes ont pu être mis au jour, révélant des stratifications sur plusieurs siècles .
- Le Monastère de la Chartreuse :
La fondation de la Chartreuse de Beaune remonte à la 1re moitié du XIVe (Gandelot donne 1332). Eudes IV duc de Bourgogne décide de fonder un monastère dans son manoir de Fontenay les Beaune (une propriété cédée 1 siècle auparavant par les Bénédictins de Fontenay) et lui donne de vastes dépendances au sud du pourpris des Templiers, le long de la Bouzaise, avec moulin, terres, toute la rivière et son bief, depuis le moulin de Perpreuil jusqu’au-dessous du moulin de Fontenay. Il leur abandonne également tout le village de Challanges, dîme, tailles, serfs, coutumes et redevances ainsi que des biens tout à fait considérables dans les villages alentour, ce qui en fait l’un des plus riches établissements religieux de la contrée.
Cependant, en 1569, durant les guerres de religion, le monastère est pillé et incendié par les troupes allemandes alliées des huguenots. En 1636, ce sont les troupes du général autrichien Gallas qui ravagent à nouveau le monastère récemment reconstruit. Au XVIII° pourtant, selon Délissey, le monastère est imposant et somptueux, avec une très belle église à la flèche élancée. Son chevet semi-circulaire était adossé à la route de Verdun actuelle. Le portail était précédé d’un profond vestibule et le grand cloître mesurait 55 x 45 m de côté.
Vendu comme bien national en 1790, l’église et le cloître sont abandonnés et démolis. L’enclos et le reste des bâtiments sont achetés par Masson Marmelat père. Transformés en établissement horticole, puis vendus en partie à la Ville, celle-ci les revend par lots à différents propriétaires et conserve deux parcelles bordant la route de Verdun, dont l’ancienne serre des Chartreux où elle installe le bureau d’octroi. Seuls subsistent aujourd’hui les anciennes écuries et granges et ce bâtiment des serres.
Deux activités traditionnelles :
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- Le quartier des tanneurs :
Au XIIIe siècle, Beaune connaît une période de prospérité qui fait déborder sa population hors des remparts. En 1519, les tanneurs se regroupent alors au sud-est de la ville , sur la Bouzaize . Ils comptent 10 familles sous la Révolution. Ils vont y rester jusqu’au XIXe siècle où il y a encore 7 ateliers. Le dernier est recensé en 1911et le quartier va conserver encore plusieurs années son aspect particulier avec ses vieux greniers à claires-voies.
Lors des travaux d’implantation du parking, les fouilles préventives ont mis au jour des cuves de bois et de pierre qui servaient au tannage des cuirs. Par ailleurs, les archives municipales conservent de nombreuses pièces relatives à cette importante corporation, notamment des querelles faites à la municipalité à propos de la taxe appelée « la marque des cuirs ». Bien qu’elle soit rejetée hors des murs en raison de l’insalubrité de son activité, la corporation des tanneurs était l’une des plus riches et des plus influentes de la ville.
- St Jacques avant la construction de la ZUP : un quartier de jardiniers :
Traversé par la Bouzaise, qui a enrichi le sol de ses alluvions, le quartier Saint-Jacques présente un sol idéal pour l’horticulture. De ce fait, le quartier St Jacques reste très longtemps vide de toute habitation, les meilleures terres étant réservées à la culture : on ne compte que trois familles installées là à la veille de la Révolution et le cadastre de 1826 ne relève aucune habitation à l’ouest de la rue du Fg St Jacques. Le quartier conserve longtemps son aspect presque rural, avec quelques maisons de maraîchers en bordure des rues du Fg St Jacques et du Fg Perpreuil.
Il y a quelques années, on pouvait encore voir les rails et les wagonnets sur lesquels les jardiniers chargeaient leurs cageots. Il semble que ces installations aient été réutilisées lors de la fermeture des mines d’Epinac .
Entre ZUP et ZAC : un tout nouveau visage
Le quartier va voir sa physionomie totalement bouleversée par deux événements : la construction de la ligne de chemin de fer (la gare est inaugurée en 1855) et la construction de l’autoroute A6, inaugurée en 1970, avec le percement de sa voie de jonction, l’avenue Ch. De Gaulle.
Déjà, en 1965, Pierre Laurioz adjoint au Maire Lucien Perriaux, souligne le déficit de logements à Beaune : le premier bloc HLM date de 1951 et il ne s’est fait depuis que 20 à 25 logements par an. Or, la population augmente de 6000 habitants en 18 ans. Dès 1965, il fait adopter un programme de 250 logements par an sur 3 ans. En effet, l’ouverture de l’autoroute A6, la création du nouvel hôpital, du CET Copeau, du lycée mixte Clos Maire et de plusieurs écoles primaires (St Nicolas, Blanches Fleurs) permettent l’accueil de nouvelles familles. Plusieurs centaines d’emplois ont été créés avec l’implantation de nouvelles usines, dont la COFELEC route de Savigny. Le besoin de logements est estimé à 400 demandes. La seule zone qui offre une réelle possibilité d’expansion est le quartier St Jacques, une zone de jardins très peu habitée, située à l’est de la ville, entre le nouvel autoroute et les boulevards.
La Zone d’Urbanisation Prioritaire – ZUP St Jacques – est mise en chantier à l’initiative d’Henri Moine, maire de Beaune élu en 1968, et de son adjoint Pierre Laurioz. Les travaux commencent en 1971. Egalement appelée « ZUP Derrière Cluny », elle est prévue pour accueillir 1164 logements dont 45 pavillons individuels.
En juillet 1972, un premier bâtiment de 56 logements est prêt. La zone d’habitat collectif va se développer sur plusieurs années. L’architecte est Pierre Cornuejols. Contrairement à d’autres villes, il a fait le choix de petits immeubles espacés sur des pelouses plutôt que des grandes barres.
En 1978, le maire veut faire choisir aux résidents la fontaine qui sera installée au milieu de la place. Malheureusement, à une réunion au Centre Social, les élus sont plus nombreux que les habitants qui ne se préoccupent guère, à ce moment-là, de l’aspect de leur quartier .
En 1981, le quartier Saint Jacques compte déjà 3500 habitants.
En 2000, le quartier compte 3463 habitants pour la partie Saint-Jacques, au nord de la ligne SNCF, avec 1641 logements dont environ 1500 en immeubles collectifs. La zone Porte de Beaune, au sud de la ligne SNCF, totalise 2118 habitants pour 1029 logements, dont environ 400 en immeubles collectifs .
En 30 ans, avec centre commercial, écoles, crèche, bibliothèque et centre social, la ZUP est devenue un véritable quartier autonome, appuyé sur deux zones d’activités (Chartreuse et Porte de Beaune) qui constituent un important pôle d’emplois.
Chronologie sommaire du nouveau quartier Saint-Jacques :
- 1971 : première mise en chantier de logement, premier bâtiment inauguré en 1972.
- 1972-1975 : construction d’une tranche de 46 logements + 135 logements en accession à la propriété – architecte : P. Cornuejols.
- 1974 : ouverture des écoles Peupliers et Saint Exupéry
- Octobre 1975 : ouverture de la crèche collective et du Centre social Saint Jacques avec la Bibliothèque annexe. Inauguration par Simone Veil, ministre de la santé. La Halte-garderie ouvre peu après.
- 1978-1980 : construction d’une tranche de 41 logements – architecte : P. Cornuejols
- 1979 : implantation de l’enseigne Rond-Point (qui deviendra Euromarché, puis Stoc, Champion avant de devenir Carrefour en 2007).
- 1981-1988 : implantation du lotissement La Bourguignonne en zone Derrière Cluny
- 1981 : un accident ferroviaire a lieu à hauteur de la mare : on craint que l’explosion d’une citerne et l’incendie qui s’en suit ne se propagent aux pavillons.
- 1983 : création du parc St Jacques et de l’étang Duthu
- 1986 : construction du commissariat de police
- 1986 : aménagement de 50 logements rue Marie Noël
- 1986 : ouverture de la ZAC Chartreuse et extension dès 1987 de la zone hôtelière avec 2 nouveaux hôtels
- 15 février 1989 : inauguration du Palais des Congrès. Architectes : Commissaire, Foulet et Bouchard.
- 1990 : implantation du Centre de Secours Principal
- 1991 : mise en place de la ZAC Porte de Beaune, zone d’activités de 40 ha. Les prévisions tablent sur la création de 800 emplois …
- 1992 : construction du nouvel abattoir en ZAC Porte de Beaune.
SOURCES ARCHIVISTIQUES :
- Histoires de Beaune : Rossignol, Aubertin, Bigarne, etc.
- Registres de délibérations du conseil municipal de Beaune
- Publications des sociétés savantes locales, notamment Société d’Histoire et d’Archéologie de Beaune
- Rapports de fouilles
- Recensements et registres fiscaux
- Plans cadastraux
- Cartes postales et fonds photographiques
- Dossiers d’architectes.
SOURCES STATISTIQUES :
- Statistiques INSEE 1999-2000
- Statistiques départementales des offices publics d’HLM (82W11)
- Dossiers du service Logements de la Ville de Beaune (197W12)
- Dossiers du service Prévention Insertion : enquête (171W17)
- Dossiers CCAS : édude (188W7)
JOURNAUX
- Série de reportages sur le quartier St Jacques dans les éditions du Bien Public du 2 au 9/8/2008.
Crédit photo : Archives municipales de Beaune

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