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Quartier de la Gare et Saint-Jean

HISTOIRE SUCCINCTE DU QUARTIER DE LA GARE/SAINT JEAN
Le quartier actuellement nommé quartier de la gare, indissociable du quartier Saint-Jean, a des origines très anciennes, remontant probablement à la fin de l’Empire romain. Il se développe à l’est de Beaune, le long des voies menant à Seurre et Verdun, en plaine de Saône.
A l’époque gallo-romaine :
Au IIIe siècle, deux grandes voies romaines traversent le pays beaunois : la voie « Agrippa » qui relie Lyon aux frontières rhénanes en passant à l’est de Corberon, et la voie qui relie Autun (Augustodunum) à Besançon (Vesontio) par le mont Battois et la fontaine des Marconnets avant de gagner Chorey (toponymie actuelle). C’est dans ce quadrillage de grandes voies que se développe le premier Castrum Belnensis dont le cardo et le decumanus reprennent les vieux axes néolithiques. On suppose qu’un arc triomphal devait se dresser sur la voie venant de la plaine, alimentée par l’important trafic de ports très actifs sur la Saône : Seurre, Chauvort et Chalon.
Haut moyen-âge : V°-XIII° siècles :
Cet afflux de trafic favorise la fixation de populations burgondes qui s’installent hors des limites du castrum, donnant naissance à ce qui deviendra, côté est, le faubourg des Eschaliers, futur faubourg Madeleine. Il s’appuie au nord sur un très important cimetière qui perdurera jusqu’au début du XXe siècle. Déjà au IVe siècle s’alignaient le long de cette voie de nombreuses stèles funéraires gallo-romaines retrouvées lors de fouilles, s’étendant vers le sud jusqu’à l’actuelle route de Verdun.
A l’époque mérovingienne se développe sur le même lieu un immense cimetière mérovingien qui succède à la nécropole gallo-romaine, comprenant probablement plus de quinze mille tombes. On le retrouve au VIIIe siècle englobé dans l’enclos St Etienne, petite église de faubourg desservie par une communauté de clercs réguliers. Mais au tournant de l’an mil, cet enclos en ruines est cédé à St Bénigne de Dijon.
Les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem qui s’installent dès le XIIIe siècle à l’est des remparts, face au Château, donnent leur nom au faubourg. Ils y disposent alors d’un domaine, d’un oratoire avec enclos funèbre et d’une maison de repos, ainsi qu’un hôtel particulier en ville. Les bâtiments du faubourg seront détruits au XVI° siècle et l’oratoire au XIX° siècle, mais le cimetière subsistera.
Le quartier ne se développe pas autant que le faubourg Madeleine, doté d’une riche église paroissiale, où se retrouvent de nombreux marchands, tâcherons et artisans mobilisés par les grands chantiers de construction (églises Notre Dame et St Pierre, couvents des Cordeliers, agrandissement des remparts au XIIIe siècle).
La Révolution et la période contemporaine :
La suppression des ordres religieux, la destruction des églises et couvents amènent en 1790 le regroupement des cimetières du centre-ville dans le cimetière Saint-Jean qui est agrandi en 1841. Le quartier conserve cependant un caractère rural avec de nombreuses parcelles en culture.
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Le XIXe siècle voit le complet bouleversement du paysage avec l’irruption du chemin de fer. En effet, dès le 1er septembre 1849, la ligne de chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée est ouverte. Sa construction a nécessité l’édification d’un haut talus qui barre désormais l’horizon du côté de la plaine. La gare est construite en 1855 dans l’axe du Château, au bout d’une large avenue d’allure haussmannienne. En 1871, le cimetière est déplacé pour éviter aux voyageurs sa traversée déprimante.
Désormais, le chemin de fer devient l’élément essentiel de la vie du quartier. Grâce à lui se développent toutes sortes d’activités, principalement des négoces qui trouvent là une proximité propice aux expéditions par chemin de fer : quatre négociants et une fabrique de matériel viticole sont recensés. Déjà, l’entreprise Serlin-Demoisy, fondée en 1848 à l’angle de la rue Celer et de la rue du fg St Jean, construit des pompes et des pressoirs. Une usine à gaz s’est installée à proximité, en 1858 et fonctionnera jusqu’en 1959. Bobard Frères ouvre en 1864 un superbe magasin de matériel viticole au milieu de l’avenue. La rue Richard est créée en 1875. Un important transporteur, la maison Benoît, s’installe sur le boulevard.
A la fin du siècle, la construction du réseau de voies secondaires vient compléter ce dispositif : en 1891 est inaugurée la ligne Beaune-Arnay-le-Duc, et les voies du Tacot empruntent l’avenue de la Gare pour acheminer voyageurs et marchandises jusqu’à la petite gare de la rue Richard. L’exploitation de cette ligne cessera en 1936 mais les rails resteront longtemps en place.
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La construction de la ligne Beaune-Saint Loup, en 1896, provoque le creusement d’un lac entre la route de Verdun et la route de Seurre, qui sera longtemps dénommé le lac Mauchamp, puis Lac Joigneaux. Il devient alors l’un des lieux de loisirs les plus prisés de Beaune, on y plonge l’été, on y patine l’hiver, on y pêche en toute saison.
En 1897, on donne au chemin longeant les voies le nom d’Avenue des Lyonnais, en hommage au Bataillon des Mobiles Lyonnais engagé dans la défense de Beaune durant la guerre de 1870.
Vers la même époque, en 1891, est érigé le temple protestant, rue du faubourg Saint-Jean.
Le quartier de la gare se dote d’un cinéma, l’Eden, ouvert au n° 11 de l’avenue, et les indispensables cafés s’installent le long du trajet des voyageurs. Trois établissements témoignent encore de cette période, notamment l’Hôtel de France ouvert dès 1860.
Le collège de filles Jules Ferry est inauguré en 1937 sur le faubourg Saint-Jean.
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Le XXe siècle, avec le développement de l’automobile, voit l’importance du réseau ferroviaire décliner. Le quartier perd de son importance stratégique, le cinéma ferme, la vie semble suspendue jusqu’à la seconde guerre mondiale où le bombardement du 16 juin 1940 détruit le buffet de la gare, endommage l’Hôtel de France, l’usine à gaz et plusieurs maisons dans la rue de Chevignerot et le faubourg Saint Jean.
En 1941, l’avenue de la Gare est baptisée Avenue du Maréchal Pétain, nom qu’elle conserve jusqu’à la Libération pour s’appeler désormais Avenue du 8 Septembre.
La gare est totalement rénovée en 1975 et masque le « plan PLM » de ses origines sous un habillage contemporain, mais les rues qui s’étendent de l’autre côté des voies conservent leur caractère rural du XIXe siècle. Seuls quelques établissements assurent une certaine activité, notamment la laiterie coopérative, installée rue de Chevignerot, et la chaudronnerie Perrot et Aubertin, aux confins du Camp Américain.
Il faut attendre les premières années du XXIe siècle pour voir le tissu urbain se développer en direction de la plaine et, avec l’évolution des mentalités qui favorise les transports en commun, voir un regain d’intérêt pour le chemin de fer. Les hangars et entrepôts de la gare ont été récemment démolis pour aménager un vaste parking accueillant les voitures des usagers qui prennent quotidiennement le train pour travailler en région. Ainsi, le quartier de la Gare retrouve une activité qu’il avait perdue depuis près de cent ans.
Sources :
- PERRIAUX Lucien, Histoire de Beaune et du pays beaunois des origines au XIIIe siècle, PUF, Paris, 1974
- LARONZE Roland, Hier à Beaune en 1900 …, Beaune, 2006
Crédit photo : Archives municipales de Beaune

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