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Quand nos grands hommes servaient d’impôt, l’enlèvement des statues beaunoises par les Allemands (1941-1943)


Le 11 octobre 1941, le gouvernement de Vichy promulgue la loi sur l’enlèvement des statues métalliques en vue de la récupération des métaux non ferreux. De très nombreuses statues en bronze ont été ainsi fondues. Paris a notamment vu une centaine de ses statues partir en Allemagne, seules les représentations de saints, saintes, de rois et reines ainsi que certains monuments de la Grande Guerre ont été épargnés.
Beaune n’échappe pas à cette loi, trois semaines après sa promulgation, le 30 octobre 1941, le secrétariat d’Etat à la production industrielle écrit au maire de Beaune afin qu’il lui dresse la liste des statues et monuments en métaux cuivreux. M. Pagès l’ingénieur en chef de la circonscription précise dans sa lettre : "Ne sont pas recensés : les monuments commémoratifs aux morts de 70-71 et 1914-18, les monuments et statues situés à l’intérieur des cimetières, les monuments situés dans les lieux de cultes". Le maire de Beaune fournit rapidement la liste des monuments à M. Pagès, il s’agit des statues de Gaspard Monge, de Sadi Carnot, de Paul Bouchard, de Félix Ziem et du Docteur Bouley. La commission départementale décide, après sa réunion du 13 novembre, la refonte des monuments consacrés à Paul Bouchard et au Docteur Bouley. M. Duchet, maire de Beaune, tente malgré tout de sauver ces deux monuments et propose de livrer, à titre de compensation, un poids en bronze équivalent à celui des deux statues. Non seulement son offre n’est pas acceptée, mais il doit, en plus de cela, fournir le bronze qu’il dit détenir. Un peu plus tard, le 20 novembre, le maire reçoit une autre lettre de M. Pagès qui lui fait connaitre que le comité institué au Secrétariat Général des Beaux-Arts, allonge la liste des monuments qui doivent être fondus. Les monuments Ziem et Carnot seront sacrifiés également, on peut supposer que le secrétariat n’a pas jugé que les statues avaient une valeur artistique suffisante justifiant leur sauvegarde. En ce qui concerne le monument Monge, la question ne se pose guère, œuvre magistrale de Rude, sa valeur artistique n’est pas discutée, il sera même classé monument historique en mai 1944.
A la fin de l’année 1941, un descendant Carnot écrit au maire afin de sauver le monument consacré à Sadi Carnot : "Dans l’ensemble des monuments de Beaune, le buste du président ne représente, par le poids, qu’une faible partie du métal employé, tandis que les deux figures allégoriques appuyés au socle en représentent une grande partie. Ne serait-il pas possible de démonter seulement des grandes figures (…)" Cette proposition ne sera pas prise en considération.
Une série de procès-verbaux de réception nous informe que les statues ont bien été livrées au groupement d’importation et de répartition des métaux, organisme en charge du devenir de ses statues. Cet organisme indique qu’une compensation sera attribuée aux propriétaires des statues. Pour rassurer également les communes, le gouvernement a décidé de procéder toutes les fois que les municipalités ou les groupements intéressés en feront la demande, au remplacement des statues métalliques par des statues en pierre. Le maire décide de faire procéder rapidement au remplacement des statues et écrit notamment à la société Est&Nord qui doit procéder au riblonnage des statues afin d’obtenir un moulage des monuments Ziem et Carnot avant que ceux-ci ne soient totalement détruits. En mars 1943, les moulages en plâtre ont été réalisés mais sont encore entreposées chez le mouleur. Nous ne savons pas ce que sont devenues ces statues. En ce qui concerne le monument de Paul Bouchard, M. Duchet, écrit au sculpteur, Henri Bouchard, pour connaitre les détails de la réalisation du monument en bronze. Aucune suite n’est donnée à cette demande de renseignement.
On peut conclure que l’Etat et la mairie qui ont certainement d’autres préoccupations liées à la reconstruction ont relégué nos monuments beaunois au second plan. Seul le monument Bouley a été reproduit en pierre et est toujours présent à Beaune.
Sources : Archives municipales de Beaune, 1 M 42

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