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Une louve à Bouze

Le loup a toujours été objet de peurs et de fantasmes. Les derniers loups disparaissent dans la première moitié du XXe siècle. Grâce au chroniqueur beaunois Henry Clémencet, les Archives de Beaune gardent la trace de la présence d’une louve à Bouze en 1817. L’orthographe d’origine a été respectée et diverge donc de l’orthographe actuelle.
« Le samedi treize septembre mil huit cent dix sept à cinq heures du matin, un événement déplorable est arrivé dans le village de Bouze. D’après les renseignements que j’ai pris, j’ai cru devoir le rapporter, fondé sur ce que cet accident peut avoir de suites fâcheuses. Voici la chose comme elle est arrivée. Une louve, âgée d’environ deux ans se rencontre dans le bas du village, se jette sur les personnes qui se trouvent sur le chemin, en blesse six gravement, surtout une femme qu’elle a mordu et à laquelle elle a fait trois blessures : deux sur la face et une sur le coup, cette dernière est si considérable qu’on voit la jugulaire à découvert et on dit qu’elle courre le danger d’en mourir. Le fils du maire, Manière, âgé de vingt deux ans, jeune homme vigoureux, sans armes, se précipite sur la bête, lutte contre elle, il est blessé à l’épaule et au poignet par la pression de la machoire de la louve, il ne se rebute pas, il a l’adresse de lui serrer le col entre ses bras et son corps, en sorte qu’il la tient, appelle du secours, on court chercher un fusil mais un homme plus avisé arrive avec une pioche, frappe si à propos sur la louve et si fermement qu’il la met hors d’état de continuer son ravage en lui cassant les reins.
Le bruit court qu’une autre bête de la même espèce a reçu deux coups de faulx ou dard dans le corps et comme on a arrêter celle-ci et qu’on n’a pas vu ni reconnu de coups de dard, on se met en mesure pour aller à celle qu’on dit avoir gagné le bois du côté de Savigny.
Retournons à notre louve de Bouze. Les habitants l’ont amenée à la ville [Beaune] pour reconnaitre l’animal, ils la nommaient loup cervier [le loup cervier est en fait un félin de type lynx] mais mal à propos, c’est une louve ordinaire. Les messieurs de la faculté assemblés ont reçu le convoi à l’hôpital, c’est-à-dire la bête morte et les six personnes blessées. On a pansé les blessés mais par mesure de sûreté, on a arraché la langue de l’animal et coupée en deux pour tacher de découvrir dans la qualité du sang s’il n’y avait point d’autre vice ny d’appréhension. On a coupé les jambes de derrière, on a vuidé le corps qu’on avait ouvert par une opération cruciale. Cette ouverture a rendu une odeur très puante quand on a visité les intestins, on apréhende que la louve n’eut une atteinte de rage. On a à ce sujet brulé les playes pour obvier au danger. Cette opération a été faite dans l’appartement des morts de l’hôpital qu’on nomme poulaillerie à deux heures après-midy. La bête a été placée dans un creux ou fosse faite à ce dessein. On est à la recherche de l’autre. »
On ne sait ce qui est vrai de ce récit et ce qui relève de la légende. On peut s’étonner de la présence de nombreux habitants dans les rues de Bouze à une heure matinale. Sans doute étaient-ils déjà occupés au travail de la vigne ou des champs. Enfin, l’exploit du fils du maire qui retient une louve à mains nues pendant qu’un comparse l’achève à coup de pioche est sans doute quelque peu embelli. Cette affaire est révélatrice de la présence des loups dans notre région et des peurs qu’elle suscite.
Sources : Archives municipales de Beaune, notes d’Henry Clémencet, 1817.

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