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Une procession viticole en 1820

Henri Clémencet, fidèle témoin des débuts du XIXe siècle, décrit une procession des vignerons beaunois au mois d’avril 1820. Ce texte évoque de manière parfois un peu moqueuse le retour des processions et des saints protecteurs qui avaient été bannis de la vie publique à la Révolution. Ici, c’est le retour de Saint Vernier, patron local des vignerons qui advient après celui de Saint Révérien, qu’on invoque en cas de sécheresse…
« Le 18 avril 1820, les vignerons de la Commune et Ville de Beaune se sont réunis et par suite des assemblées et démarches antérieures ont délibéré ce qui suit : depuis environ trente ans, ils ont été privés de se réunir dans l’église des Révérends Pères Jacobins où ils avaient une confrérie sous le patronage d’un saint qu’on ne connait pas dans le martyrologe car le clergé beaunois s’est assemblé, il a fouillé tous les calendriers, on a fait tourner le tamis et virer la baguette et le tout infructueusement, on n’a pas pu découvrir le grand Saint Vernier qui est très petit car il a tout du plus une coudée. [ici Clémencet évoque bien sûr la taille de la statue de Saint Vernier !]
J’ai eu le plaisir de le voir, il est de bois (…), une veste courte, couleur d’ocre, une paire de guêtres qui lui couvrent la majeure partie du pied, une serpette à la main, habillé tout à neuf, une jolie figure enfin faite à peindre, aussi est-il peint.
Parlons sérieusement, Messieurs les Vignerons se sont rappelés que leurs ancêtres célébraient saintement le jour de la fête de Saint Vernier, ils ont employés tous les moyens possibles pour rétablir cette fête, ils ont obtenu une confrérie, ils ont obtenu un banc derrière le chœur de Notre-Dame, ils ont obtenu d’y faire placer un banc sur le dossier duquel sont groupés tous les instruments propres à la culture de la Vigne, enfin, ils ont obtenu de donner le congé au grand Saint Vernier contre le gré du clergé qui, pour de l’argent, leur a accordé toutes leurs flûtes comme vous allez le voir par la cérémonie décrite ci-dessous :
D’abord grande sonnerie, grand carillon, grand bruits, grands préparatifs, grand monde assemblé, grand gros et épais pain béni. Le lendemain, grande messe à l’issue grande procession, grandes litanies, grandes prières, il faut voir comme tout était en grand et tellement grand qu’il y a eu un grand repas, on a vidé de grandes bouteilles, on a bu de grands coups.
Malgré cela, c’est assez badiné. La procession s’est rendue à l’église de la Charité et après, on a fait une station à celle de l’hôpital. Elle était précédée comme il leur était accordé d’un tas de flûtes, de trompettes, de clarinettes, de violons et un gros grand tambour qui battait la mesure, tout était ce qu’on peut dire, dans le meilleur ordre. Il me parut que la piété, la dévotion et l’envie de se faire voir étaient leurs guides dans cette cérémonie qui, dans le fond, se passa dévotement. L’action de grâce se fit à table, loué soit Dieu, voilà encore de l’argent pour les prêtres et un saint rentré dans ses droits aussi bien que M. Saint Révérien. »
Sources : Archives municipales de Beaune, cahiers d’Henri Clémencet.

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