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Des Piémontais en résidence surveillée à Beaune

Le XIXe siècle est particulièrement strict en matière de surveillance des étrangers. Hors de question de les laisser circuler librement en ces temps de propagation révolutionnaire. Les archives de la police beaunoise gardent trace de cette surveillance pour les années 1820.
Le 3 mai 1824, une quinzaine de Piémontais séjourne à Beaune. Trois étant malades et fatigués ont séjourné à l’Hôtel-Dieu pendant deux jours, trois autres se sont arrêtés une nuit dans une auberge du faubourg Saint-Nicolas et se sont plaints « de ne pouvoir rentrer dans leur patrie »
On trouve trace de l’installation à Beaune de Joseph Tacchini, officier piémontais au service de l’Espagne, assigné à résidence à Beaune par arrêté préfectoral du 30 décembre 1824 avec un camarade dénommé Paul Bajardi. Ces deux individus, prisonniers de guerre, sont sous haute surveillance. Le commissaire de police indique le 16 février 1825 qu’ils logent chez le sieur Edouard, aubergiste à l’Arbre d’Or et ne posent pas de souci du point de vue de la surveillance. En 1829, Tacchini loge chez le restaurateur Pujol alors que le sieur Gaétano Damico loge chez le négociant Moreil où il sert comme palefrenier.
Deux autres prisonniers sont également mentionnés : Pascal Lombardi, capitaine napolitain et Georges Roberti, piémontais ex commissaire des guerres au service de l’Espagne.
Pour quelle raison ces Piémontais servant dans l’armée espagnole se retrouvent assignés à résidence dans notre ville ? En mars 1821, une révolution éclate dans le Piémont visant à obtenir une constitution. Les rebelles piémontais n’exigent pas tous le départ de la maison royale de Savoie mais souhaitent davantage de démocratie et réclament pour certains l’unification italienne. La répression est féroce, les rebelles, condamnés à mort, sont contraints à l’exil. C’est ainsi que certains se réfugient en Espagne. En 1823, les troubles gagnent l’Espagne et en 1823, la France intervient pour rétablir le roi Ferdinand VII sur son trône. Les soldats espagnols et piémontais sont donc faits prisonniers et assignés à résidence sur le territoire français.
Certains sont assignés à résidence sur un temps très court en attendant un autre point de chute. D’autres s’installent à Beaune et font souche, comme Joseph Tacchini qui finit par s’établir rue de la Comédie qui accueille en 1837 un de ses compatriotes arrivé de Paris, Victo Griffini, originaire de Pavie, peintre en bâtiment. Griffini arrive de Paris et demande à s’installer à Beaune car « on lui a fait espérer que dans cette ville quoique petite, il pourrait avoir de l’ouvrage plus régulièrement même qu’à Paris et que la dépense pour la subsistance y est moins considérable
 ».
On voit dès cette époque un réseau de solidarité se mettre en place entre immigrés italiens. Cette implantation ne se démentira pas pendant les XIXe et XXe siècle, immigration politique alternant avec immigration par nécessité économique. De nombreuses familles italiennes ont ainsi fait souche et sont aujourd’hui partie prenante du paysage beaunois.
Sources : Archives municipales de Beaune, , série I 2 § 23 n°1

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