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Le Traité de paix de 1763 vu par Henry Clémencet

L’année 1763 marque la fin de la Guerre de Sept Ans et la signature du Traité de Paris le 10 février. Cette guerre est reconnue comme étant le tout premier conflit mondial répertorié de l’histoire. Elle est la première à mêler plusieurs puissances regroupées dans deux alliances antagonistes, et à se dérouler simultanément sur différents théâtres d’opérations, en particulier l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Inde et les Philippines. Elle est à la fois guerre maritime et guerre terrestre.
Au centre de ce conflit : une confrontation d’ordre colonial entre le Royaume de France et le Royaume de Grande-Bretagne, ce dernier ayant des vues sur la Nouvelle-France (Québec), les Antilles, et la Louisiane, possessions françaises. Le début de cette guerre est généralement daté du 29 août 1756, jour de l’offensive de Frédéric II sur la Saxe, même si le conflit s’est enclenché en 1754 dans les colonies d’Amérique du Nord.
La France est dans une situation inconfortable, prise entre deux feux : côté européen, contre la Prusse de Frédéric II, la France est alliée à l’Autriche qui tient fermement à reprendre la Silésie conquise par son voisin prussien quelques années auparavant ; côté américain, la France est contre le Royaume de Grande-Bretagne pour une guerre essentiellement coloniale. En parallèle, France et Grande-Bretagne s’affrontent en Inde, à l’époque divisée en possessions anglaises et françaises desservies par des compagnies commerciales concurrentes : la Compagnie Française des Indes orientales et la British East India Company.
La force militaire et maritime de Louis XV, trop éparpillée sur plusieurs fronts, bien moins puissante que ses voisines, courbe l’échine malgré quelques succès au début du conflit. Rapidement, la France s’enlise, la guerre coûte cher, les moyens humains et militaires viennent à manquer. Le pays subit de lourdes défaites face à la Prusse et à la Grande-Bretagne et décide de signer le Traité de Paris en 1763.
La Guerre de Sept Ans est généralement peu relatée dans les livres d’histoire car la France en est sortie à la fois vaincue et extrêmement affaiblie : en Amérique du Nord, son influence est perdue au profit de la Grande-Bretagne qui devient alors première puissance mondiale au point de vue diplomatique. Alors que son influence culturelle européenne était à son apogée en cette période, cette défaite donne une longueur d’avance décisive à l’expansion de la culture anglo-saxonne dans le monde. L’armée de terre et la marine sortent fragilisées et quasi décimées de cette guerre, déjà bien inférieures en nombre face à leurs rivales. Economiquement, le bilan est catastrophique pour tous les pays, en particulier la France et la Grande-Bretagne. Enfin, cet événement n’a pas été des plus bénéfiques pour la popularité du roi Louis XV. La paix est donc la bienvenue en France.
C’est ce moment que nous décrit Henry Clémencet, notre témoin beaunois privilégié de cette époque si riche historiquement : « L’an mil sept cent soixante trois, le dimanche dix juillet, la paix a été publiée par M. Berbizotte qui était à cheval, je tenais la bride pendant la publication : il était greffier de la mairie, c’est-à-dire secrétaire. Elle fut publiée dans toutes les places et carrefours et de suite affichée. Tous les sergents de quartiers invités et habillés proprement marchaient au pas au son des trompettes et autres instruments de musique. Les magistrats étaient en robes noires et la tête ornée et couverte de longues perruques et chacun la cocarde au chapeau. Les fifres, les timbales, les tambours faisaient un bruit et un tapage magnifique. Cela était l’objet de la surprise, de l’étonnement et de l’admiration des gens de la campagne qui s’étaient rendu par curiosité à la ville parce que c’était le dimanche. » On remarque qu’entre la signature du traité de paix et son annonce à Beaune, il s’écoule cinq mois.
Cette ambiance quasiment festive contraste avec la catastrophe que représente la signature du Traité de Paris pour le pays. Cela montre que la politique internationale est parfois bien loin des préoccupations quotidiennes des habitants.
ER
Source : Recueil des amusements de Henry Clémencet.

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