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La visite du prince de Condé à Beaune par Henry Clémencet

Grâce aux mémoires d’Henry Clémencet, nous avons trace de nombreux événements ayant eu lieu à Beaune, des faits historiques aux faits météorologiques, des légendes beaunoises aux faits divers. Cette fois-ci, il relate la visite officielle de Louis Joseph de Bourbon-Condé (1736 – 1818), huitième prince de Condé. Il sert notamment auprès du prince de Soubise sur le front prussien lors de la guerre de Sept Ans, période durant laquelle il est nommé lieutenant général. Il est le dernier gouverneur de Bourgogne. Voici sa journée à Beaune :
« Le 24 juillet, l’an 1784, son altesse sérénissime monseigneur prince de Condé père est passé à Beaune avec M. le duc de Bourbon son fils et plusieurs autres grands seigneurs de la cour de France. Il arriva par la porte de la Bretonnière. Il venait de poser la première pierre du canal de Bourgogne par le Charolais.
Il était dix heures et demie du matin. Il allait dîner à Saint-Jean-de-Losne pour poser aussi la première pierre du canal tendant de cette ville à Dijon par la rivière d’Ouche, et le même jour se rendre à Dijon pour présider avec les états de la Province.
A son arrivée à Beaune, il a été complimenté par messieurs les officiers municipaux et du bailliage. On bâtissait alors la porte de la Bretonnière, et sans eau et sans vin, elle fut baptisée « porte de Condé » ainsi que la nouvelle rue.
Les habitants étaient sous les armes qui formaient une haie à chaque côté de la rue, depuis la porte jusqu’à celle de Saint-Nicolas.
Il reçut des compliments de messieurs du Chapitre et de messieurs du Collège vêtus à la militaire et exercés pendant un peu de temps pour être en état de se présenter. Messieurs les clercs du procureur au nombre de trente-six aussi proprement vêtus. Messieurs les chevaliers de l’Arquebuse en uniforme et à cheval formaient un corps séparé. M. Blandin, porte-enseigne, bon musicien et mauvais écuyer, était de la partie : il eut la vanité de monter une superbe jument grise qui préférait le manège à la musique, le laissa sur-le-champ et suivit en toute liberté les chevaux de la suite de son altesse que l’âne ne put suivre.
Il pleuvait un peu, ce qui fit un désagrément pour cette parade. Il est inutile de dire que les clefs de la ville lui furent présentées, qu’on tira les canons, que les cimaises furent portées, le tout est d’usage.
Les pas pour la revue furent assez mal organisés à mon avis. En tête, les marchands, merciers et banqueroutiers, suivis des huissiers, barbiers, grammairiens, maitres d’école et autres pretintailles. Après ceux-ci, les tonneliers et les boulangers qui étaient suivis des ouvriers de la bâtisse. En tête, les serruriers, les maçons, les charpentiers, plâtriers, menuisiers. Des jeunes gens terminaient l’assemblée qui, n’étant d’aucun corps, formaient une espèce de compagnie de volontaires. Les principaux étaient Philibert Bidrement, André Chevrillot, Henry Clémencet, Louis Jactin, horloger, et beaucoup d’autres. Les invalides qui étaient à Beaune formèrent une petite et nouvelle compagnie de vieux maquereaux. Les cavaliers de la maréchaussée, une autre. La suite du prince n’était pas nombreuse mais elle était précédée par un grand nombre de carrosses. Il avait avec lui ses postillons et ses gardes en uniformes. La cérémonie faite, chaque soldat pour sa récompense eut la liberté d’aller souper et coucher à ses frais chez son hôtesse. Quelle générosité pour un prince ! »
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Source : Recueil des amusements de Henry Clémencet, tome 2.

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