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Le retour de Napoléon Ier fêté à Beaune

Au cours de son règne, Napoléon Ier, après la campagne de France, abdique une première fois le 12 avril 1814. Déchu par le Sénat, il est exilé par le traité de Fontainebleau du 11 avril. Napoléon Ier garde le titre d’empereur mais uniquement sur l’ile d’Elbe sur laquelle il vit.
Il décide de son retour et débarque sur le territoire français à partir du mois de mars 1815, la route parcourue est surnommée « le vol de l’aigle ». Le 20 mars 1815, Napoléon Ier gagne de nouveau le trône impérial. Comme dans tout la France, Beaune apprend la nouvelle et décide d’organiser une fête. Henry Clémencet décrit très brièvement cette journée, et évoque surtout ce retournement de situation plutôt soudain et surprenant, et le périple de l’empereur :
« Le vingt quatre mars mil huit cent quinze, jour du vendredy saint, on a fait à Beaune une fête a l’occasion du retour de l’empereur des françois. Jamais événement ne m’a paru mieux conçu et mieux exécuté.
Autrefois, si l’on en croit l’histoire, il fallait une longue suite d’années pour changer une dynastie, ou la forme d’un gouvernement, surtout dans une République, ou tout Etat de plus grande étendue. Mais dans cette circonstance, l’expédition a été bientôt exécutée. L’empereur en sorti de l’isle de Lelbe (l’île d’Elbe) où il était relégué. Il a traversé la côte du cap Juan, traversé les Alpes, le Dauphiné, arrivé à Lyon, à Chalon et enfin à Paris sans aucun obstacle […] »
Clémencet profite de cet événement pour apporter quelques indications sur ce revirement politique :
« Le vingt de ce mois, ses décrets parvenus à Dijon, le 23 et la cérémonie exécutée, et l’illumination faite à Beaune le 24, c’est être habile en besogne. La suppression de la noblesse, des droits féodaux, des bien des émigrés rentrés depuis le 1er janvier 1814, leur déportation hors des terres de France, la famille royale des Bourbon fugitive, leurs biens séquestrés et autres, dans l’espace de vingt quatre jours. Vous, observateurs sur les yeux desquels ces faits sont représentés, pourriez-vous croire de vérités aussi extraordinaires ?[…] » et, comme il le fait régulièrement, exprime ses pensées politiques : « J’ignore si le gouvernement sera meilleur, cependant, les personnes à mon avis les plus sensées rendent une justice due à Louis XVIII, le reconnoissent pour un roi bon, sage, éclairé et en même temps malheureux et plaignent son sort […] »
Dans ses recueils, Clémencet se borne à noter la moindre anecdote, sans doute tous les événements, et pas seulement les plus importants. Ce retour de Napoléon Ier, qui marque pas conséquent une nouvelle chute de la monarchie, provoque des réactions chez les sympathisants de Louis XVIII qui n’hésitent pas à s’exprimer sur ce retour vu comme apocalyptique pour la France. Henry Clémencet tombe sur un texte anti-napoléonien et le retranscrit dans ce recueil. Il indique chaque détail, en le titre « Dénonciation » :
« L’an de la république sanctionnée, à Paris. Ouverture du club de la révolution.
Acte des apôtres, chapitre 23
Extrait du discours prononcé par M. Dubois, supérieur du séminaire de Saint-Brieuc, le dimanche 31 janvier 1790, jour de Saint François de Salles dans l’église du séminaire.
Le lion de Judas est déchainé. Il ravage la vigne du Seigneur. Il porte l’attentat jusqu’à renverser les autels et avilir ses ministres. France, France, que tu es différente de toi-même ! Tes beaux jours sont passés. Suscitez-nous, ô mon Dieu, un autre François de Salles pour nous secourir dans nos malheurs qui sont grands. Un royaume sans roi, un roi sans trône, des magistrats sans lois, des juges sans tribunal, une législation sans législateurs, des citoyens sans patrie, des déflagrateurs sans choix des propriétés publiques, une horde de philosophes sans principe, des historiens sans vérité, des prêtres sans autel, des théologiens même apostats, des pauvres sans secours, des riches sans biens, voilà le tableau raccourci de nos malheurs. Des prêtres insultés jusqu’aux pieds des autels ! L’esprit de vertige a enfanté dans toutes les classes des déclamateurs qui ne ménagent pas plus les lois divines que les lois humaines. »
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Source : Recueil des amusements de Henry Clémencet, tome II

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