Ville de Beaune
Etienne Jules Marey (Beaune, 1830 - Paris, 1904)

© Couval Né à Beaune le 5 mars 1830, il est le fils unique de Claude Marey. Après des études secondaires au Collège Monge, il passe un baccalauréat littéraire en 1849.
Sa mère souhaitait qu’il devint prêtre ; lui-même se sentait une vocation d’ingénieur, mais son père rêvait de le voir médecin de l’Hôtel-Dieu et il opta donc pour des études de médecine.

Entre 1854 et 1858, il est interne à l’hôpital Cochin, et soutient en 1859 sa thèse de doctorat de médecine : Recherches sur la circulation du sang à l’état sain et dans les maladies. Cet ouvrage, remarqué par la communauté scientifique, va dès lors orienter ses travaux ultérieurs.
Marey montre dès ce moment son intérêt pour la physiologie et le fonctionnement de la « machine animale » et renonce à pratiquer en tant que médecin.
Marey se passionne pour le mouvement ; il veut comprendre et analyser les mécanismes qui régissent la vie. Devenu médecin, il ne va jamais pratiquer, préférant se tourner vers la physiologie. Il improvise alors un laboratoire privé chez lui, dans la rue Cuvier à Paris, puis bientôt, il l’installe rue de l’Ancienne Comédie, dans la salle des spectacles de la maison de Molière.

En 1860, le savant présente, à l’Académie des Sciences, son sphygmographe ; appareil servant à l’enregistrement du pouls. C’est le premier des petits appareil inscripteurs basé sur la méthode graphique qu’il met au point et perfectionne sans cesse dans les années qui suivent.

1863 marque l’année de publication de son ouvrage : Physiologie médicale de la circulation du sang, basée sur l’étude des mouvements du cœur et du pouls artériel.

En 1867, Marey est nommé suppléant de Flourens au Collège de France.

Il publie en 1868 l’une de ses études les plus importantes, Du mouvement dans les fonctions de la vie.

1869 est l’année de sa titularisation au Collège de France au sein de la chaire d’Histoire naturelle des corps organisés, et de son accession au titre de Directeur du laboratoire de Physiologie Expérimentale à l’Ecole des Hautes Etudes.

Marey est le premier à utiliser le concept d’espace-temps, préfigurant les réflexions de H. Bergson. Pour cela, il va enregistrer et retranscrire tout mouvement par la méthode dite « graphique »,qu’il met au point dans les années 1860. Il s’agit de donner à voir ce que l’œil humain ne peut distinguer seul.

Marey est élu membre de l’Académie de Médecine en 1872.

1873 est pour le savant une année capitale, il publie en effet La Machine Animale.

En 1878, Marey devient membre de l’Académie des Sciences ; en prenant la suite de Claude Bernard.
La même année, le scientifique publie : La méthode graphique dans les sciences expérimentales et principalement en physiologie et en médecine.

Trois ans plus tard, Marey fait construire avec Demenÿ la Station Physiologique du Parc des Princes, qui constitue le premier laboratoire en plein-air de biomécanique au monde.

C’est à l’âge de 52 ans qu’il va se servir de la photographie appliquée à l’étude des mouvements. Il suit en cela l’exemple de Eadweard Muybridge (1830-1904), photographe anglais, qui le premier, réussit en 1878 à photographier un cheval au galop. Ce dernier vérifia en effet par la photographie ce que Marey avait démontré par la méthode graphique : il est un temps du galop où ses quatre jambes sont en suspension sous le poitrail.

Les étapes des recherches de Marey sont très logiques.
Le fusil photographique (1882), première caméra portative, permet de fixer sur une plaque 12 vues en 1 seconde. Le système a cependant l’inconvénient d’un point de vue non fixe ; de plus ses images sont floues.

Le chronophotographe à plaque fixe (1882) résout ce problème par un système de disque obturateur mobile à une ou plusieurs fentes tournant devant une plaque fixe cette fois. Marey peut ainsi chronophotographier un sujet habillé en blanc devant un fond noir, ce qui lui permet d’éliminer les lumières parasites.

La chronophotographie géométrique partielle (1883) a permis d’éviter la multiplicité d’images sur la plaque, lorsque le sujet n’est pas assez rapide : l’athlète revêt un costume noir orné sur les côtés de tiges et points blancs, qui constituent des repères lumineux sur la plaque. Marey obtient ainsi de véritables épures géométriques du mouvement.

En 1884, Marey est nommé président de la Société de Navigation Aérienne.

La mise au point du chronophotographe sur pellicule mobile en 1888 introduit le mouvement de la pellicule et constitue la base technique du cinématographe. Ces essais sur bandes de papier sensible puis sur celluloïd constituent les premiers films.

1890 est une année importante pour deux raisons. Il publie le Vol des Oiseaux, œuvre majeure. Par ailleurs, il brevète un appareil chronophotographique à pellicule. En effet, Marey utilise de la pellicule celluloïd de 1m de long, mise au point par Eastman travaillant pour la firme Kodak.
Ses films mesurent 9cm de large sur 1m10 à 4m de long. Son intérêt se porte sur des animaux aquatiques à Naples, puis des chevaux et des cavaliers. A partir de 1893, il filme des animaux domestiques.

Marey est l’inventeur du cinéma scientifique, même si la question de la projection semble l’avoir toujours désintéressé. Marey bute en effet devant le problème de l’arrêt intermittent de la pellicule au moment de la pose, et de son déroulement entre chaque prise de vue. Le projecteur chronophotographique, fabriqué en 1892, tente de résoudre la question de la synthèse du mouvement, mais...échoue, les bandes de film n’étant pas perforées.

Marey publie en 1894 Le Mouvement, son livre fondamental. C’est également l’année où il devient Président de la Société française de Photographie.
En 1895, il est nommé Président de l’Académie des Sciences.

Le fusil photographique électrique à bandes de 35mm de largeur sur 20m de long, conçu dès 1896, et breveté en1899 est la première caméra portative au monde.

Marey devient Président de l’Académie de Médecine en 1900. La même année, il présente son « fusil » à l’Exposition Universelle.

Marey meurt à Paris le 15 mai 1904.

MAIRIE DE BEAUNE
beaune@mairie-beaune.fr
  • Standard Hôtel de Ville :
    03 80 24 56 78
  • 8 rue de l’Hôtel de Ville
    BP 30191
    21205 BEAUNE Cedex
Mairie de Beaune